Voyager à l'étranger sous anticoagulants : prévention des thromboses et sécurité

Voyager à l'étranger sous anticoagulants : prévention des thromboses et sécurité
vicky herrera déc., 26 2025

Partir en voyage à l’étranger alors qu’on prend des anticoagulants n’est pas une simple question de billet d’avion. C’est une affaire de santé qui demande une préparation sérieuse. Beaucoup pensent que si on prend déjà un traitement pour fluidifier le sang, on est à l’abri. Ce n’est pas vrai. Le risque de thrombose veineuse profonde (TVP) - un caillot dans une veine profonde, souvent à la jambe - augmente pendant les longs déplacements, même si vous êtes sous traitement. Et ce risque peut devenir une embolie pulmonaire, une urgence médicale. La bonne nouvelle ? Avec les bonnes précautions, voyager est tout à fait possible. La mauvaise ? Beaucoup de gens ne savent pas quoi faire, et certains prennent des décisions dangereuses.

Le risque n’est pas théorique - il est mesuré

Les données ne mentent pas. Selon les directives du CDC de 2023, le risque de TVP après un vol de plus de 4 heures est de 1 sur 4 656 pour une personne en bonne santé. Mais si vous avez un ou plusieurs facteurs de risque - comme plus de 40 ans, un IMC supérieur à 30, un antécédent de caillot, un cancer actif, ou une chirurgie récente - ce risque saute à 1 sur 1 000. Ce n’est pas une statistique lointaine. C’est une réalité pour des milliers de voyageurs chaque année. Et les anticoagulants ne rendent pas le corps invulnérable. Ils réduisent le risque, mais ne l’éliminent pas. Surtout si vous sautez une dose, ou si vous vous asseyez trop longtemps sans bouger.

Quels facteurs augmentent vraiment le risque ?

Ne vous fiez pas aux mythes. Ce n’est pas parce que vous êtes en classe économique que vous êtes plus à risque. C’est l’immobilité, pas le siège. Voici les vrais facteurs qui comptent :

  • Âge supérieur à 40 ans (le risque augmente de 10 % par décennie après 40)
  • IMC de 30 ou plus
  • Chirurgie récente (moins de 3 mois)
  • Antécédent de TVP ou d’embolie pulmonaire
  • Cancer actif ou traitement en cours
  • Utilisation de contraceptifs hormonaux ou thérapie hormonale
  • Parenthèse post-partum (jusqu’à 3 mois après l’accouchement)
  • Maladies chroniques comme une insuffisance cardiaque ou une BPCO
  • Varices sévères ou jambe plâtrée

Si vous avez deux de ces facteurs ou plus, vous êtes dans la catégorie à risque élevé. Et ça change tout. Pour ces personnes, les recommandations ne sont plus « essayez de bouger un peu » - c’est une stratégie de prévention complète, avec des mesures concrètes.

Les anticoagulants : pas tous égaux pour le voyage

Vous prenez du warfarin ? Ou un anticoagulant oral direct (AOD) comme le rivaroxaban ou l’apixaban ? C’est crucial. Les AOD sont beaucoup plus pratiques pour voyager. Pourquoi ? Parce qu’ils agissent en 2 heures, n’ont pas besoin d’analyses sanguines régulières, et ne réagissent pas avec les aliments comme le warfarin. Le warfarin, lui, demande un INR stable - entre 2 et 3,5 selon votre condition. Si vous partez plus de deux semaines, vous devriez envisager un moniteur portable comme le CoaguChek® Mobile, qui coûte environ 299 $, avec des bandelettes à 7,49 $ l’unité. Sans ça, vous risquez de vous retrouver dans un pays où personne ne sait comment ajuster votre dose.

Et attention : ne prenez pas d’aspirine en plus. Les directives de l’ACCP de 2021 le disent clairement : ajouter un anticoagulant ou de l’aspirine à un traitement déjà en place augmente le risque de saignement sans réduire le risque de caillot. C’est un piège courant. On pense qu’« en prendre plus » = « mieux protégé ». Non. C’est le contraire.

Le « prophylaxie » : quand est-elle vraiment nécessaire ?

Si vous êtes à risque élevé - par exemple, vous avez eu une TVP il y a moins de 4 semaines, ou vous avez un cancer actif - alors vous pourriez avoir besoin d’une prophylaxie supplémentaire. Mais ce n’est pas automatique. Les lignes directrices internationales (NIH, ACCP, ASH) ne recommandent pas une injection ou un médicament en plus pour tout le monde. Seuls les très hauts risques en ont besoin. Et même là, les options sont limitées.

Le rivaroxaban 10 mg, pris avec un repas, 1 à 2 heures avant le voyage, est une option pour certains. Mais il coûte environ 575 $ pour 30 comprimés. Le dalteparin, une injection sous-cutanée, est moins cher mais exige une réfrigération et une aiguille. Pour un voyage de deux semaines en Thaïlande ou au Maroc, ce n’est pas pratique. Et si vous oubliez votre stylo ? Vous êtes en danger.

La meilleure prophylaxie ? Ce n’est pas un médicament. C’est le mouvement.

Femme touchant sa jambe enflée avec un schéma médical flottant et une lettre de médecin.

Mouvement, hydratation, et vêtements : les trois piliers

Voici ce que vous devez faire à chaque heure de vol ou de trajet en train :

  1. Marchez dans l’allée toutes les 2 à 3 heures. Même 5 minutes, ça compte.
  2. Exercez vos mollets toutes les 30 minutes : pointez et ramenez vos orteils, roulez vos chevilles. Faites ça même si vous êtes assis.
  3. Choisissez un siège près de l’allée. Pas le hublot. Vous avez besoin de pouvoir vous lever sans gêner tout le monde.
  4. Portez des bas de contention de 15 à 30 mmHg. Pas n’importe lesquels. Ils doivent être bien ajustés, pas trop serrés, et portés dès le départ. Les bas de pharmacie, pas ceux du magasin discount.
  5. Boivez de l’eau. Beaucoup. Évitez l’alcool, le café et les sodas. La déshydratation épaissit le sang. Et c’est l’ennemi.

Une étude de l’Université de Cambridge montre que 72 % des cas de TVP ont un œdème unilatéral de la jambe. C’est le premier signe. Si vous avez une jambe plus grosse que l’autre, même légèrement, c’est une alerte. Ne l’ignorez pas.

Les signes d’alerte : ne les confondez pas avec la fatigue

Après un long voyage, il est normal d’être fatigué. Mais certains symptômes ne sont pas normaux :

  • Une jambe enflée, chaude, douloureuse - surtout d’un seul côté
  • Une douleur thoracique qui empire quand vous respirez profondément
  • Une essoufflement soudain, sans effort
  • Une toux avec du sang

Et attention : une TVP peut se développer jusqu’à huit semaines après votre voyage. Ce n’est pas seulement pendant le trajet. C’est un risque post-voyage. Si vous avez un de ces symptômes, allez à l’hôpital. Immédiatement. Ne dites pas « je vais attendre demain ». Les embolies pulmonaires tuent vite.

La gestion des médicaments à l’étranger

Vous prenez un AOD comme l’apixaban ? Vérifiez qu’il est disponible dans votre pays de destination. Selon l’enquête de l’OMS de 2022, 32 % des pays à revenu faible n’ont pas l’apixaban en stock. Le warfarin, lui, est presque partout. Mais si vous êtes en Afrique de l’Ouest ou en Asie du Sud-Est, ne comptez pas sur la pharmacie locale. Emportez votre traitement complet. Avec une copie de votre ordonnance et une lettre de votre médecin expliquant pourquoi vous en avez besoin. Les douaniers ne comprennent pas toujours les noms scientifiques. Une lettre en anglais et en langue locale peut éviter un désastre.

Et pour les utilisateurs de warfarin : changez votre horaire de prise en fonction de l’heure locale. Ne prenez pas votre comprimé à 19h heure du Canada si vous êtes à Tokyo. Prenez-le à 19h heure locale. Votre corps suit l’heure du jour, pas votre fuseau d’origine. Une erreur d’heure peut faire chuter votre INR. Et ça, c’est un risque de caillot.

Que faire avant de partir ?

Voici une check-list simple, à faire 2 à 4 semaines avant votre départ :

  • Consultez votre médecin pour évaluer votre risque de TVP
  • Obtenez votre dernier INR si vous prenez du warfarin
  • Assurez-vous d’avoir assez de médicaments pour tout le voyage, plus 7 jours de retard
  • Emportez un moniteur INR portable si votre traitement est instable
  • Commandez des bas de contention médicaux (pas des bas de compression classiques)
  • Écrivez une liste de vos médicaments avec dosages et noms du médecin
  • Identifiez un hôpital à votre destination (recherchez les cliniques internationales)
  • Informez votre assurance voyage que vous êtes sous anticoagulants
Voyageur marchant dans un aéroport avec des symboles de prévention flottant autour de lui.

Et après le voyage ?

Vous êtes rentré. Vous vous sentez bien. Vous avez dormi 10 heures. Vous pensez que c’est fini ? Pas encore. Les caillots peuvent se former jusqu’à 8 semaines après votre retour. Continuez à bouger. Continuez à boire de l’eau. Continuez à surveiller vos jambes. Si vous avez une douleur inhabituelle, ne la minimisez pas. Appelez votre médecin. Envoyez une photo de votre jambe si nécessaire. La prévention ne s’arrête pas à l’aéroport.

Les erreurs à éviter à tout prix

Voici ce que les gens font souvent - et ce qui les met en danger :

  • Sauter une dose parce qu’ils oublient ou parce qu’ils pensent « je vais bien »
  • Prendre de l’aspirine en plus pour « renforcer » la protection
  • Porter des bas de compression mal ajustés ou achetés en ligne sans avis médical
  • Ne pas boire d’eau pendant le vol parce que « j’ai peur d’aller aux toilettes »
  • Ne pas informer leur médecin qu’ils voyagent - et donc ne pas ajuster leur traitement
  • Se fier à des conseils de forums ou de réseaux sociaux au lieu de données médicales

Dr. Susan Coogan, chirurgienne vasculaire, le dit clairement : « Si vous arrêtez ou sautez vos anticoagulants, votre sang devient PLUS collant. » Ce n’est pas un effet secondaire. C’est la logique même du traitement. Vous ne pouvez pas contrôler le risque de caillot si vous ne contrôlez pas vos médicaments.

Puis-je voyager en avion après avoir eu une TVP ?

Oui, si vous êtes asymptomatique et que vous êtes stable sous anticoagulants. L’IATA permet le voyage aérien dès lors que le patient n’a plus de douleur ni d’enflure. Il n’y a pas de délai fixe, mais la plupart des médecins recommandent d’attendre au moins 4 semaines après un épisode de TVP ou d’embolie pulmonaire pour minimiser les risques de récidive. Votre médecin doit évaluer votre état individuel avant de vous autoriser à voyager.

Dois-je arrêter mes anticoagulants avant un vol ?

Absolument pas. Arrêter vos anticoagulants, même pour un court voyage, augmente considérablement le risque de caillot. Les anticoagulants fonctionnent par présence constante dans le sang. Une interruption, même d’un jour, peut faire monter le risque de thrombose. Continuez votre traitement comme d’habitude, à l’heure, avec les repas si nécessaire.

Les AOD sont-ils meilleurs que le warfarin pour voyager ?

Oui, pour la plupart des voyageurs. Les AOD comme le rivaroxaban ou l’apixaban n’ont pas besoin de contrôles sanguins fréquents, agissent plus vite, et n’ont pas d’interactions alimentaires majeures. Le warfarin exige un INR stable, ce qui est difficile à maintenir à l’étranger. Mais le warfarin est plus accessible et moins cher. Le choix dépend de votre situation médicale, de votre budget, et de la disponibilité des médicaments à votre destination.

Puis-je utiliser un moniteur INR portable à l’étranger ?

Oui, et c’est fortement recommandé si vous prenez du warfarin et que vous partez plus de deux semaines. Les appareils comme le CoaguChek® Mobile sont portables, fiables, et ne nécessitent pas de laboratoire. Assurez-vous d’avoir assez de bandelettes pour toute la durée de votre voyage, et vérifiez que votre appareil est compatible avec les normes locales. Gardez votre appareil dans votre bagage à main.

Quels sont les signes d’un saignement dû aux anticoagulants ?

Des ecchymoses inhabituelles, des saignements de nez prolongés, des gencives qui saignent sans raison, des urines roses ou rouges, des selles noires ou sanglantes, ou une douleur intense à la tête ou à l’abdomen peuvent indiquer un saignement. Si vous avez l’un de ces signes, arrêtez tout traitement non essentiel et consultez immédiatement un médecin. Ne prenez pas d’anti-inflammatoires comme l’ibuprofène - ils augmentent le risque de saignement.

Que faire si vous avez un problème à l’étranger ?

Si vous avez un saignement ou un caillot pendant votre voyage, ne cherchez pas à gérer ça seul. Trouvez un hôpital avec un service d’urgence. Montrez votre liste de médicaments et votre lettre du médecin. Les hôpitaux internationaux sont habitués aux patients anticoagulés. En Europe, en Asie du Sud-Est ou en Amérique latine, les cliniques privées internationales sont souvent mieux équipées que les hôpitaux publics. Utilisez votre assurance voyage pour les orienter. Ne tardez pas. Une TVP traitée à temps peut être gérée en ambulatoire. Une embolie non traitée peut être mortelle.

Le mot de la fin : la sécurité, c’est la préparation

Voyager sous anticoagulants n’est pas un interdit. C’est un défi à préparer. Les gens qui réussissent à voyager en toute sécurité sont ceux qui planifient, qui respectent leur traitement, et qui ne sous-estiment pas les risques. Ce n’est pas une question de chance. C’est une question de discipline. Vous avez déjà fait la moitié du travail en prenant vos médicaments. Maintenant, faites le reste : bougez, hydratez-vous, portez vos bas, et ne prenez pas de risques inutiles. Votre corps vous remerciera - même après votre retour à la maison.

8 Commentaires

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    Caroline Vignal

    décembre 26, 2025 AT 20:05

    Arrêtez de vous faire peur avec des stats ! Moi, j’ai pris un vol de 12h avec un AOD, j’ai marché 5 min toutes les heures, j’ai bu de l’eau, et j’ai survécu sans caillot. La peur, c’est le vrai risque. Bougez, point.
    Et non, les bas de compression du DM, ça marche aussi. Arrêtez de vendre du stress médical !

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    Cassandra Hans

    décembre 28, 2025 AT 07:49

    Vous parlez de « prophylaxie » comme si c’était une solution magique… mais vous oubliez que 70 % des gens ne peuvent pas se permettre 575 $ pour un seul comprimé de rivaroxaban…
    Et vous recommandez un moniteur CoaguChek® ? Pourquoi pas un drone qui livre des bandelettes en Amazon Prime ?
    Vous êtes dans une bulle de médecine privée, là. Et les gens qui vivent en banlieue, avec un salaire de 1500 €, ils font quoi ?
    On ne peut pas tous se payer un voyage « sécurisé » comme si c’était un spa en Suisse.
    La vraie question, c’est : pourquoi la Sécurité Sociale ne rembourse pas ça ?
    Vous, vous avez une assurance privée, donc vous parlez comme si tout le monde avait les mêmes chances.
    La prévention, oui… mais pas seulement pour les riches.
    Vous avez parlé de « discipline »… mais la discipline, c’est quand on a les moyens.
    Et si on n’a pas les moyens, on est condamné à jouer à la roulette russe avec sa veine fémorale ?
    Je suis sous warfarin depuis 8 ans, j’ai voyagé en Tunisie avec 3 comprimés de rechange, et je n’ai pas eu de moniteur.
    Vous avez oublié de mentionner que la plupart des gens n’ont pas accès à une « clinique internationale » à Tunis.
    Donc… merci pour le discours rassurant… mais ça ne parle à personne qui ne vit pas dans un quartier bourgeois.
    Et non, je ne vais pas payer 7,49 $ pour une bandelette alors que je dois choisir entre manger ou me soigner.
    Vous êtes un médecin ? Ou un marketeur de laboratoire ?

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    olivier nzombo

    décembre 29, 2025 AT 21:29

    Je viens de faire un vol Paris-New York en classe éco, 12h sans bouger, et j’ai eu une jambe enflée… j’ai cru que c’était la fatigue…
    Et là, 3 jours après, je me suis réveillé avec une douleur à la poitrine…
    Je suis allé aux urgences… embolie pulmonaire…
    Je suis en réa depuis 48h…
    Je suis vivant… mais je ne vais plus voyager…
    Je vous ai lu… trop tard…
    😭
    Si vous lisez ça… bougez. Même si vous pensez que ça ne vous concerne pas.
    Je pensais pareil…
    Je me suis trompé.
    Je suis désolé…
    Je ne veux pas que quelqu’un d’autre vive ça…

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    Raissa P

    décembre 30, 2025 AT 11:40

    La vie, c’est un risque… et les anticoagulants, c’est juste un outil pour gérer l’imprévisible.
    Vous voulez éviter les caillots ? Arrêtez de vous asseoir. Marchez 24h/24.
    Et si vous ne pouvez pas ? Alors acceptez que la vie ait un prix.
    Le corps humain n’est pas une machine à ne jamais tomber malade.
    On est tous mortels. Même ceux qui prennent des AOD.
    La prévention, c’est une illusion. La mort, elle, est réelle.
    Alors vivez… même si vous avez un caillot dans la jambe.
    Parce que vivre, c’est risquer… pas se cacher derrière des bas de contention.
    Et si vous avez peur… c’est que vous n’avez pas encore vécu vraiment.
    Je suis sous anticoagulants depuis 12 ans… je n’ai jamais porté de bas…
    Je voyage… je danse… je bois du vin…
    Et je vis…
    Parce que la peur, c’est la vraie maladie.
    La thrombose ? Elle vient quand elle veut… pas quand vous l’avez prévue.
    Alors… arrêtez de contrôler… et vivez.
    🙏

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    James Richmond

    décembre 31, 2025 AT 20:06

    Je suis sous warfarin depuis 5 ans. J’ai voyagé en Algérie, au Maroc, en Tunisie. J’ai oublié mon INR une fois. J’ai pris un comprimé de plus. Rien ne s’est passé.
    Je ne porte pas de bas. Je ne bois pas que de l’eau. Je bois du thé, du café, du jus d’orange.
    Je n’ai jamais eu de caillot.
    Donc… vous êtes peut-être en train de faire peur pour rien.
    Les gens qui paniquent, c’est ceux qui ne comprennent pas leur traitement.
    Le reste… c’est du marketing médical.
    Je vous laisse avec vos 1 sur 1000.
    Moi, je vis.
    Et je suis toujours en vie.
    Et je ne suis pas mort.

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    theresa nathalie

    janvier 1, 2026 AT 21:51

    oui jai fait un vol de 14h et jai eu une jambe enflée mais jai mis un peu de gel sur le genou et sa a passé… je suis pas mort… donc les medecins exagerent…
    et les bas de contention ? nan merci jai pas envie de ressembler a une vieille dame…
    et le warfarin ? jai pas besoin de faire des analyses a chaque fois… jai confiance en mon corps…
    et puis je suis pas riche… je peux pas me payer un moniteur de 300€…
    donc… vive la vie… et vive le risque… 😎

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    Pauline Schaupp

    janvier 1, 2026 AT 23:03

    Je tiens à souligner que la prévention des thromboses chez les patients sous anticoagulants repose sur une approche systémique, multidimensionnelle et personnalisée.
    La simple recommandation de « bouger » est insuffisante sans un cadre de suivi clinique régulier, une éducation thérapeutique adaptée, et un accès équitable aux dispositifs médicaux.
    Les facteurs psychosociaux - notamment la littératie en santé, la sécurité économique et la confiance dans le système médical - sont des déterminants plus puissants que les protocoles techniques.
    Il est regrettable que les conseils de prévention soient souvent réduits à des listes de vérification, alors que la réalité des patients est complexe, souvent fragmentée, et marquée par des inégalités structurelles.
    La mise en œuvre de ces recommandations nécessite une réforme des politiques de santé publique, pas seulement une meilleure information individuelle.
    Je suis infirmière en soins cardiovasculaires depuis 18 ans, et je vois chaque jour des patients qui, malgré leur bonne volonté, ne peuvent pas appliquer ces conseils à cause de l’absence de soutien.
    La prévention ne peut pas être individuelle si le système est collectivement défaillant.
    Il est temps de déplacer le focus du « que devez-vous faire ? » vers le « quel soutien vous est offert ? ».
    Parce qu’un patient qui n’a pas les moyens de se soigner n’est pas un patient irresponsable.
    C’est un patient abandonné par un système qui oublie que la santé, c’est un droit, pas un luxe.
    Je vous encourage à penser au-delà du billet d’avion… et à penser à la dignité humaine.

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    Nicolas Mayer-Rossignol

    janvier 3, 2026 AT 15:10

    Oh wow. Un article de 5000 mots pour dire « bougez-vous les fesses et buvez de l’eau ».
    Et vous avez inclus un lien vers un moniteur CoaguChek® comme si c’était une solution de santé publique.
    Bravo. Vous avez transformé une question médicale en publicité pour les laboratoires.
    Et vous avez oublié de mentionner que les AOD coûtent 10 fois plus que le warfarin… et que 90 % des gens n’ont pas d’assurance qui les rembourse.
    Vous parlez de « discipline »… mais la discipline, c’est quand vous avez un salaire, une assurance et un médecin qui vous suit.
    Les autres ? Ils prennent leur pilule, ils espèrent, et ils croisent les doigts.
    Vous êtes un médecin ou un représentant de laboratoire ?
    Parce que je ne vois pas de recommandation pour les gens qui ne peuvent pas se payer un voyage.
    Juste des conseils pour les riches qui veulent voyager en toute sécurité.
    Bravo.
    Le capitalisme médical, c’est votre nouveau métier.
    Et moi, je vais boire un café.
    Parce que je ne vais pas payer 7,49 $ pour une bandelette.
    Je vais juste… vivre.
    Et si je meurs ?
    Bon.
    Je ne suis pas le premier.
    Et je ne serai pas le dernier.

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