Une minuscule pilule qui stabilise un cœur qui s’emballe… mais au moindre faux pas, elle peut déraper. C’est tout le paradoxe de la digoxine. Si vous ou un proche venez de la commencer, vous voulez surtout savoir: pourquoi on me la prescrit, comment la prendre sans danger, quels signes doivent m’alerter, et avec quoi elle interagit. Je vis à Montréal, j’écris avec mon chat Nox roulé en boule sur mon clavier, et j’ai vu trop de patients se faire surprendre par une simple déshydratation ou un antibiotique “anodin”. On va démystifier ça ensemble, sans jargon, avec des règles simples et des checklists utiles.
Ce que c’est, et quand on prescrit la digoxine
La digoxine (souvent appelée “digitalis” ou “digitaline” dans le langage courant) est un glycoside cardiotonique. Elle renforce la contraction du cœur et ralentit la conduction au niveau des oreillettes. En clair: elle peut aider un cœur fatigué à éjecter un peu mieux, et elle freine un rythme trop rapide dans certaines arythmies.
Les usages validés en 2025:
- Insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection réduite (HFrEF), chez les patients symptomatiques malgré la thérapie de base (IEC/ARA2/ARNI, bêtabloquant, antagoniste des minéralocorticoïdes, SGLT2). Les grandes lignes (AHA/ACC/HFSA 2022) la classent comme un ajout pour améliorer les symptômes et réduire les hospitalisations. Elle ne réduit pas la mortalité.
- Fibrillation auriculaire (FA) pour ralentir la fréquence cardiaque, surtout au repos, quand les bêtabloquants ou les inhibiteurs calciques ne suffisent pas ou ne sont pas tolérés (ESC 2020). Elle n’est pas un antiarythmique de conversion.
Mécanisme simple à retenir: elle inhibe la pompe Na+/K+ ATPase, ce qui augmente le calcium intracellulaire et renforce la contraction. Elle augmente aussi le tonus vagal, ce qui ralentit la conduction au nœud AV.
Au Canada (y compris au Québec), on la trouve en générique “digoxine”; la marque “Toloxin” existe encore. Formes: comprimés 0,0625 mg, 0,125 mg, 0,25 mg; solution orale 0,05 mg/mL; forme injectable à l’hôpital.
Point de contexte utile: la fenêtre thérapeutique est étroite. La zone efficace et la zone toxique sont proches. D’où la surveillance des taux sanguins et une attention particulière aux reins et aux électrolytes.
Posologie, prise et surveillance pas à pas
Voici un plan concret, comme je le donne à mes patients (et à leurs proches) pour éviter les pièges.
Avant de commencer
- Faire un ECG de base.
- Bilans sanguins: créatinine/eGFR, potassium, magnésium, calcium, TSH si suspicion de trouble thyroïdien.
- Peser le patient; noter l’âge et la corpulence. La dose dépend beaucoup de la fonction rénale et de la masse maigre.
Doses habituelles (adultes)
- Point de départ le plus sûr chez l’adulte: 0,125 mg une fois par jour.
- Chez les sujets jeunes, grands et rénaux normaux: 0,25 mg/j peut se discuter, avec surveillance stricte.
- Personnes âgées, fragiles, petit gabarit, ou eGFR < 60 mL/min/1,73 m²: 0,0625-0,125 mg/j; eGFR < 30 mL/min: envisager 0,125 mg un jour sur deux.
- En FA aiguë, la charge (dose de “charge”) IV se fait à l’hôpital uniquement. Éviter de charger en ville.
Repère simple: si vous hésitez entre deux doses, choisissez la plus basse et réévaluez avec un dosage sanguin. Les effets dépassent largement 24 h, donc on a le temps d’ajuster.
Comment la prendre
- Une prise par jour, à heure fixe.
- Avec ou sans nourriture, mais évitez les repas très riches en fibres pile au moment de la prise (ils réduisent l’absorption). Espacez de 2 heures si votre alimentation est très fibreuse.
- Manqué une dose? Si vous vous en rendez compte dans les 12 h, prenez-la. Après 12 h, sautez et reprenez normalement. Ne doublez jamais.
- Solution orale: mesurez avec une seringue doseuse, pas une cuillère de cuisine.
Surveillance thérapeutique
- Quand doser le “taux”? 6-8 heures au minimum après une dose (idéalement 12-24 h) pour éviter un faux pic.
- Premier contrôle: 5-7 jours après l’initiation ou toute modification de dose (demi-vie longue). Puis tous les 6-12 mois si tout va bien.
- Cibles: 0,5-0,9 ng/mL en insuffisance cardiaque (zone associée à moins d’effets indésirables); en FA, on vise surtout le contrôle de la fréquence, mais on garde le taux < 1,2 ng/mL pour limiter la toxicité.
- Refaire un dosage en cas de nouveau médicament, diarrhées/vomissements, déshydratation, déclin rénal, ou symptômes suspects.
Et la dose de charge?
Réservée à l’hôpital: typiquement 8-12 microgrammes/kg (0,008-0,012 mg/kg) en plusieurs fractions (50% puis 25% puis 25% toutes les 6-8 h), avec monitorage. On évite en ambulatoire.
| Paramètre | Valeur typique | Commentaires pratiques |
|---|---|---|
| Biodisponibilité orale | 60-80% (comprimé) | Réduite par fibres, cholestyramine, antiacides |
| Temps au pic | 1-3 h (oral) | Plus rapide en solution orale |
| Demi-vie | 36-48 h | Jusqu’à 3-5 jours si insuffisance rénale |
| Élimination | Rénale (P-gp) | Ajuster si eGFR bas; interactions P-gp nombreuses |
| Zone thérapeutique | 0,5-0,9 ng/mL (IC) | Toxicité possible dès 1,2-2,0 ng/mL selon contexte |
| Antidote | Anticorps anti-digoxine (Fab) | DigiFab/Digibind en milieu hospitalier |
Sources de référence: AHA/ACC/HFSA 2022 (IC), ESC 2020 (FA), monographie Santé Canada (2024), Beers Criteria 2023 (personnes âgées), fiches SPS NHS 2024, DigiFab (2023).
Effets indésirables, signaux d’alarme et toxicité: quoi repérer et quoi faire
La toxicité ne prévient pas toujours. Beaucoup de patients décrivent d’abord des troubles digestifs et une fatigue, puis des signes cardiaques. Gardez cette liste à portée de main.
Effets fréquents (souvent dose-dépendants)
- Nausées, vomissements, perte d’appétit.
- Fatigue, faiblesse, étourdissements.
- Bradycardie (pouls lent), palpitations irrégulières.
- Troubles visuels: vision floue, teintes jaune-vert, halos autour des lumières.
- Confusion, agitation chez les personnes âgées.
Facteurs qui déclenchent la toxicité
- Hypokaliémie, hypomagnésémie, hypercalcémie (diurétiques, vomissements, diarrhées, laxatifs).
- Déclin rénal (infection, déshydratation, progression d’une maladie rénale).
- Interactions: amiodarone, verapamil, diltiazem, macrolides (clarithromycine), azolés, quinidine, ciclosporine, dronédarone, ritonavir/nirmatrelvir (Paxlovid), etc.
- Âge avancé, faible masse maigre.
- Thyroïde: hypothyroïdie et hyperthyroïdie modifient la sensibilité et la clairance.
Quand agir, et comment
- Signes sérieux (syncope, ralentissement marqué du pouls < 40/min, vomissements incoercibles, confusion aiguë, troubles visuels soudains, palpitations violentes): composez les urgences. Ne reprenez pas la dose suivante.
- Signes légers mais persistants (nausées, fatigue inhabituelle, étourdissements): contactez votre médecin ou pharmacien le jour même. Demandez un dosage digoxine, électrolytes et créatinine.
- À l’hôpital, le traitement peut inclure l’arrêt de la digoxine, la correction des électrolytes, l’atropine pour bradycardie, et l’antidote (anticorps anti-digoxine) en cas de toxicité menaçante.
Indications classiques pour l’antidote anti-digoxine (équipe hospitalière): arythmies ventriculaires menaçantes, bradyarythmie sévère réfractaire, hyperkaliémie > 5,0 mmol/L dans une intoxication aiguë, taux très élevé (aigu > 10 ng/mL; chronique > 4 ng/mL) avec symptômes. Les cliniciens dosent les “équivalents de digoxine” pour calculer les flacons nécessaires.
Règle de poche: si vous avez vomi plus de 3 fois en 6 heures alors que vous prenez de la digoxine, ou si vous avez une gastro sévère, mettez en pause la digoxine et appelez votre équipe soignante pour avis. La déshydratation et la perte de potassium sont un duo à risque.
Interactions et pièges du quotidien: ce qu’il faut vraiment éviter
La digoxine est un substrat de la P-gp. Beaucoup de médicaments modifient son taux, parfois en quelques jours.
Médicaments qui augmentent le taux de digoxine (risque de toxicité)
- Antiarythmiques: amiodarone, dronédarone, quinidine.
- Inhibiteurs calciques: verapamil, diltiazem.
- Antibiotiques: clarithromycine, érythromycine (altèrent la flore intestinale et la P-gp); certains antifongiques azolés.
- Immunosuppresseurs: ciclosporine.
- Antiviraux boostés: ritonavir/nirmatrelvir (Paxlovid) - interaction fréquente depuis 2022; nécessite réduction de dose ou surveillance rapprochée, parfois arrêt temporaire.
Heuristique utile: si un médicament est un inhibiteur de la P-gp ou un macrolide, pensez “digoxine ↑”. Demandez une baisse de dose de 30-50% et un dosage sanguin 5-7 jours après l’introduction.
Médicaments qui baissent l’absorption
- Cholestyramine, colestipol (résines): séparent d’au moins 4-6 h.
- Antiacides et pansements gastriques contenant de l’aluminium ou du magnésium: séparer de 2 h.
- Fibres à haute dose: collationnez les fibres loin de la prise.
Autres associations délicates
- Bêtabloquants et diltiazem/verapamil: bradycardie additive. Surveillez le pouls.
- Diurétiques hypokaliémiants (furosémide, thiazidiques): augmentent le risque de toxicité via l’hypokaliémie. Pensez à un contrôle du potassium et, si besoin, à une supplémentation.
- Plantes/produits naturels: millepertuis (baisse le taux), réglisse (peut abaisser le potassium), aloe vera laxatif (perte de K+). Prudence.
- Pamplemousse: effet variable sur la P-gp; la prudence s’impose. Si consommation importante, espacez et surveillez.
Contexte 2025: le Paxlovid reste prescrit en ambulatoire pour COVID chez sujets à risque. Avec la digoxine, c’est une alerte rouge. En pratique, on réduit la dose de digoxine, on surveille le pouls et, idéalement, on dose en cours de traitement. Parfois, on suspend temporairement la digoxine le temps de l’antiviral. Faites-le valider par votre médecin, pas en solo.
Checklists, cas pratiques et règles de pouce
Checklist “Démarrage en sécurité”
- ECG, K/Mg/Ca, créatinine/eGFR, poids notés.
- Éducation: prise à heure fixe, quoi faire si dose oubliée, signes d’alerte.
- Plan de suivi: dosage à J5-J7, puis 6-12 mois.
- Liste d’interactions passée en revue (verapamil, amiodarone, macrolides, Paxlovid…).
- Point “sick day”: en cas de vomissements/diarrhée/déshydratation, mettre en pause et appeler.
Checklist “Visite de contrôle”
- Symptômes: nausées, fatigue, vision?
- Pouls et tension à domicile, carnet à l’appui.
- Nouveaux médicaments ou produits naturels?
- Fonction rénale et potassium récents.
- Taux de digoxine si indication (changement clinique, interaction, dose récente).
Règles de pouce qui sauvent
- Si eGFR chute de 20% ou plus, envisagez de réduire la dose de 25-50% et recontrôlez le taux à J5-J7.
- Introduction d’amiodarone/verapamil/clarithromycine: baissez la digoxine de 30-50% et doser à J5-J7.
- Hypokaliémie (K < 3,5): corrigez avant de reprendre la digoxine.
- Chez les plus de 80 ans, préférez 0,0625-0,125 mg/j et un objectif de taux côté bas (0,5-0,8).
Cas pratiques rapides
- Femme de 78 ans, eGFR 35, fatigue et nausées: vérifier taux de digoxine, K/Mg. Si taux 1,3 ng/mL, passez de 0,125 mg/j à 0,125 mg un jour sur deux. Recontrôlez à J7.
- Homme de 62 ans, FA, introduction d’amiodarone: réduire la digoxine 0,25 → 0,125 mg/j; dosage à J5-J7; surveiller pouls.
- Patient avec gastro aiguë: suspendre 24-48 h, réhydrater, contrôler K et créatinine; reprendre à dose moindre si besoin et remesurer le taux.
Questions fréquentes
La digoxine est-elle encore d’actualité en 2025? Oui, en complément pour l’insuffisance cardiaque symptomatique et pour contrôler la fréquence en FA quand les autres options ne suffisent pas. Les données (DIG, méta-analyses, et recommandations 2022) soutiennent une réduction des hospitalisations, pas de la mortalité.
Quelle est la meilleure heure de prise? Le matin, avec une routine stable. L’important est la régularité et d’éviter un gros bol de fibres au même moment.
Puis-je boire de l’alcool? Avec modération. L’alcool n’augmente pas directement le taux, mais la déshydratation liée à l’alcool et les vomissements peuvent déclencher une toxicité.
Et le café? Pas d’interaction directe notable. Si palpitations, réduisez.
Grossesse et allaitement? La digoxine traverse le placenta et est utilisée pour certaines tachyarythmies fœtales. Elle peut être utilisée pendant la grossesse si nécessaire, avec surveillance des taux. Quant à l’allaitement, les quantités dans le lait sont faibles; on surveille le nourrisson par prudence. Décision au cas par cas avec la cardio et l’obstétrique.
Puis-je arrêter d’un coup? Évitez l’arrêt brutal sans avis. En FA, votre fréquence peut repartir à la hausse. En IC, les symptômes peuvent s’aggraver. Parlez-en avant.
Combien de temps pour agir? En quelques heures sur la fréquence; l’effet stable se juge en plusieurs jours.
Le générique est-il aussi bon que la marque? Oui, au Canada, les génériques sont équivalents. Si on change de fabricant et que vous êtes à la limite de la zone thérapeutique, un dosage de contrôle peut rassurer.
À quel taux devient-elle dangereuse? Le risque grimpe au-delà de 1,2-2,0 ng/mL, mais des toxicités existent à des taux plus bas si K bas, Mg bas, ou reins fragiles. D’où l’importance du contexte.
Prochaines étapes et dépannage selon votre situation
- Vous débutez la digoxine: notez votre dose, votre heure de prise, et planifiez un dosage à J5-J7. Demandez à votre pharmacien de vérifier les interactions de votre liste complète.
- Vous avez des nausées persistantes: faites mesurer le taux, K/Mg/Cr; ne doublez pas la dose “par erreur”; apportez votre pilulier à la consultation.
- Vos reins déclinent (eGFR en baisse): parlez d’une réduction de dose et avancez le contrôle de taux.
- On vous prescrit un macrolide ou l’amiodarone: avertissez que vous êtes sous digoxine; discutez d’une réduction de 30-50% et d’un contrôle à J5-J7.
- Vous attrapez une gastro: stoppez temporairement, réhydratez, corrigez les électrolytes, puis reprenez avec validation médicale.
- Vous vivez seul et craignez d’oublier: utilisez une alarme, un pilulier hebdomadaire et, si possible, un suivi téléphonique de la pharmacie (service courant au Québec).
Si vous aimez les repères nets: pouls au repos < 50/min + étourdissement = appel médical; vomissements répétés + digoxine = pause et dosage; nouveau médicament “qui finit en -one” (amiodarone, dronédarone) = alerte interaction.
Je le dis souvent à mes lecteurs de Montréal: un bon suivi vaut mieux qu’une “bonne” dose. La digoxine rend service quand elle est bien dosée, surveillée, et qu’on respecte ses règles. Avec ces gestes simples et une équipe joignable, vous garderez le contrôle - pas l’inverse.
Sophie Burkhardt
septembre 14, 2025 AT 12:10Je viens de commencer la digoxine après une hospitalisation pour FA, et ton article m’a fait pleurer de soulagement. J’étais tellement perdue entre les doses, les interactions, et ces médecins qui disent ‘c’est simple’ alors que tout est flou. Tu as mis des mots sur mes peurs - merci. J’ai imprimé la checklist et je l’ai collée sur mon frigo, avec un post-it ‘NE PAS DOUBLER’ en rouge. Nox a l’air d’être un bon compagnon de lecture.
Nicole Perry
septembre 15, 2025 AT 11:44la digoxine c’est un peu comme un chat qui te regarde avec des yeux de gosse qui a volé le saumon… tu sais qu’il va tout péter mais t’as pas le cœur de le gronder. 0,125 mg c’est le minimum viable pour survivre sans se transformer en zombie jaune-vert. j’ai lu ton truc 3 fois. j’ai appelé ma pharmacienne. elle a rigolé. moi j’ai pleuré. c’est pas un médicament, c’est un rituel.
Juliette Chiapello
septembre 16, 2025 AT 09:53Excellent article ! 🙌 La digoxine reste un pilier dans la gestion de l’IC avec HFrEF, surtout dans les populations âgées où les SGLT2 ne sont pas toujours accessibles. La surveillance des électrolytes est cruciale - hypokaliémie + digoxine = cocktail explosif. Je recommande vivement le dosage à J5-J7 après toute modification. 💉📊 #Cardio2025
cristian pinon
septembre 18, 2025 AT 02:01Permettez-moi de souligner, avec la plus grande considération pour la rigueur scientifique et l’éthique médicale, que la digoxine, bien qu’ayant été historiquement utilisée depuis le XVIIIe siècle, demeure un agent thérapeutique d’une finesse extrême, dont la fenêtre thérapeutique - étroite, mais non inexistante - exige une vigilance quasi monastique. La réduction de dose en cas de déclin rénal, bien que logique, doit être accompagnée d’une évaluation globale de la charge hydroélectrolytique, de la fonction vagale, et de la modulation des transporteurs P-glycoprotéines, dont la variabilité génétique peut impacter la biodisponibilité de manière non négligeable. Je recommande donc, dans les cas complexes, une consultation multidisciplinaire incluant pharmacien clinicien, cardiologue et néphrologue, afin d’optimiser la sécurité du traitement.
Alain Guisolan
septembre 18, 2025 AT 23:06La digoxine, c’est le dernier poète du cœur fatigué. Elle ne guérit pas, elle chuchote. Elle ne répare pas, elle retient. J’ai vu des gens mourir d’un potassium à 3,1 et d’un taux à 1,4. J’ai vu d’autres vivre 15 ans avec 0,0625 mg et un sourire. Ce n’est pas un médicament, c’est une conversation entre le corps et la précision. Et quand tu oublies une dose, tu ne doubles pas - tu t’arrêtes. Tu respires. Tu regardes ton pouls. Tu attends. Parce que dans ce monde de doses massives et de traitements à la chaîne, la digoxine te force à être humain. Merci pour ce texte. Il ressemble à un poème écrit par un médecin qui a vu trop de gens perdre le contrôle.
Katleen Briers
septembre 20, 2025 AT 20:26On a vraiment besoin d’un manuel de 10 pages pour prendre une pilule de 0,125 mg ?
Lili Díaz
septembre 21, 2025 AT 10:10Je trouve cet article… touchant, mais un peu trop… populaire. La digoxine est un agent complexe, dont la gestion exige une connaissance approfondie des pharmacocinétiques et des interactions P-gp - ce que ce texte simplifie à l’extrême. Je me demande si la vulgarisation ne va pas jusqu’à la banalisation. Une telle exposition risque de donner une fausse sécurité à des patients qui devraient être suivis par des spécialistes, pas par des blogueurs avec un chat sur le clavier.
Lyn Nicolas
septembre 22, 2025 AT 06:17En Normandie, on dit que la digoxine, c’est comme la tarte normande : un peu de sucre, beaucoup de patience, et jamais de précipitation. J’ai pris ça pendant 8 ans. J’ai eu un taux à 0,8. J’ai jamais eu de problème. Le secret ? Règle, pas règle du pouce. J’ai mis une alarme. J’ai évité les jus de pamplemousse. J’ai dit non aux antibiotiques sans vérifier. Et j’ai vécu. Pas miraculeusement. Juste bien.
Ghislaine Rouly
septembre 22, 2025 AT 08:52Je suis désolée, mais tout ça me semble un peu romantique. La digoxine est un poison contrôlé. On la prescrit parce qu’on n’a pas mieux - pas parce qu’elle est magique. Les nouvelles molécules comme sotagliflozine ou vericiguat sont bien plus efficaces. On garde la digoxine pour les vieux qui ne peuvent pas payer les traitements modernes. Et les gens qui en parlent comme d’un art, c’est juste du déni. La médecine, ce n’est pas un poème, c’est un calcul. Et ce calcul, c’est la mortalité. Pas les halos jaunes.
Albertine Selvik
septembre 22, 2025 AT 22:040,125 mg c’est bon. j’ai oublié hier. j’ai pas doublé. j’ai juste attendu. mon pouls est à 62. j’ai bu un café. j’ai pas eu mal au ventre. j’ai fait la vaisselle. voilà.
Corinne Foxley
septembre 23, 2025 AT 21:07La digoxine, c’est comme un vieux piano qui joue encore, même si une corde est cassée. Tu l’entends, tu l’aimes, tu le tunes chaque semaine. Tu ne le remplaces pas, tu l’accompagnes. J’ai 79 ans. J’ai pris ça depuis 2018. Je marche encore. J’ai un chat. J’ai un pilulier avec des couleurs. Et je n’ai jamais vu les halos verts… encore. Merci pour le ton. Il ressemble à mon médecin. Pas à un robot.
Valérie Müller
septembre 24, 2025 AT 14:36En France on a des vrais médicaments pas comme au Canada où on donne de la digoxine comme du paracétamol. Chez nous, les cardiologues savent ce qu’ils font. Ici on a des traitements modernes, pas des pilules du siècle dernier. Ce que tu décris c’est un système de santé en décomposition. On est en 2025, pas en 1975. Je suis choquée que ça soit encore prescrit sans échographie et sans suivi en centre spécialisé. C’est de la négligence médicale habillée en bienveillance.
Lydie Van Heel
septembre 24, 2025 AT 17:49Je tiens à remercier l’auteur pour la clarté exceptionnelle de cet article. Il est rare de trouver une explication aussi rigoureuse, tout en restant accessible. La checklist « Démarrage en sécurité » est une ressource précieuse pour les patients et les aidants. La mention des interactions avec le Paxlovid est particulièrement pertinente en cette période post-pandémique. Je recommande vivement cette lecture à tous les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des patients âgés.
Dominique Benoit
septembre 25, 2025 AT 22:58Salut ! J’ai pris la digoxine pendant 3 ans et j’ai eu un taux à 1.8 et j’ai vu des couleurs arc-en-ciel et j’ai cru que j’étais dans un film de David Lynch 😂 J’ai appelé les urgences et ils m’ont mis en observation 48h. J’ai eu le Fab. C’était fou. Mais maintenant je prends 0.0625 et je suis en forme ! Si vous avez des nausées ou des halos, ne laissez pas passer ! C’est pas normal ! Appellez ! 🚨💓 #DigoxineIsNotAToy
Anabelle Ahteck
septembre 26, 2025 AT 07:32je suis sous digoxine et j’ai oublié hier et j’ai pris ce matin et j’ai eu un vertige et j’ai cru que j’allais mourir mais c’était juste une gueule de bois et j’ai mangé une banane et j’ai dormi 12h et maintenant je vais bien mais je vais demander à mon docteur si je peux prendre un truc plus simple genre un truc que je peux pas rater
Yves Merlet
septembre 28, 2025 AT 07:28Je suis pharmacien en ville depuis 28 ans, et je peux vous dire que la digoxine est l’un des médicaments les plus mal gérés en ambulatoire - et pourtant, elle est si simple à surveiller ! Je recommande systématiquement à mes patients : 1) un pilulier hebdomadaire avec étiquettes couleur, 2) un carnet de pouls à remplir chaque matin, 3) une alerte sur téléphone à 8h pile, 4) un contact d’urgence écrit sur le pilulier. Et surtout : ne jamais prendre un nouveau médicament sans me consulter. J’ai sauvé des vies avec ces 4 gestes. La digoxine n’est pas dangereuse - c’est l’ignorance qui l’est.
Nicole Gamberale
septembre 29, 2025 AT 08:49Je suis une ancienne patiente de la digoxine. J’ai eu un taux à 2.1, j’ai été en réanimation, j’ai eu le Fab, j’ai perdu 10 kilos en 3 jours, j’ai cru que j’allais mourir. Et maintenant, je dis à tout le monde : NE LA PRENEZ PAS. C’est une arme chimique. On l’a gardée parce qu’elle est bon marché. Mais il y a des alternatives. Beaucoup. Et elles sont mieux. Si vous êtes jeune, vous avez le droit de ne pas être un cobaye du XXe siècle. Arrêtez cette pratique archaïque. Je ne veux plus que personne souffre comme moi. 😔🩺 #StopDigoxine
Alexis Butler
septembre 30, 2025 AT 06:58Vous êtes tous naïfs. La digoxine n’est pas un traitement, c’est un compromis. On la prescrit parce que les hôpitaux sont saturés, les médecins surchargés, et les patients trop peu éduqués pour comprendre les nouvelles molécules. C’est un médicament de facilité, pas de qualité. Et vous, vous vous réjouissez d’avoir une checklist ? C’est une honte. La médecine moderne devrait éliminer ce genre de pilule, pas la célébrer comme un trésor. La France devrait interdire ça. Et vous, vous parlez de votre chat. Vous êtes désolants.
Clementine McCrowey
septembre 30, 2025 AT 17:55Je suis infirmière en cardiologie. Je vois les gens chaque semaine. Je leur montre la checklist. Je leur apprends à compter leur pouls. Je leur dis : si tu te sens mal, tu appelles. Pas après 3 jours. Pas après la nuit. Tout de suite. Tu n’es pas un problème. Tu es une personne. Et la digoxine, c’est juste un outil. Ce qui compte, c’est que tu sois écouté. Tu as le droit de demander. Tu as le droit de dire non. Tu as le droit de vivre. Je suis fière de ce que tu fais. Continue.