Évaluation de risque du tramadol
Que fait cet outil ?
Cet outil évalue le risque de crise épileptique lié au tramadol en fonction de votre historique médical et de vos médicaments actuels. Il vous aidera à déterminer si le tramadol est sûr pour vous et vous proposera des alternatives si nécessaire.
Résultats de l'évaluation
RISQUE ÉLEVÉ
Votre profil médical indique un risque élevé d'épisodes convulsifs avec le tramadol. Le tramadol n'est pas recommandé dans votre cas et pourrait déclencher une crise épileptique, même à dose normale.
Les alternatives plus sûres incluent :
- La morphine à faible dose
- L'oxycodone sous surveillance médicale
- Le paracétamol pour les douleurs modérées
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l'ibuprofène
Consultez immédiatement votre médecin pour discuter des options de traitement alternatives.
Si vous avez déjà eu des crises d’épilepsie ou si vous êtes à risque, le tramadol peut être bien plus dangereux que vous ne le pensez. Ce médicament, souvent prescrit pour la douleur modérée à sévère, n’est pas un simple analgésique opioïde. Il agit aussi sur les neurotransmetteurs du cerveau - la sérotonine et la noradrénaline - et cela, c’est ce qui le rend particulièrement risqué pour les personnes ayant des troubles épileptiques.
Comment le tramadol provoque des crises
Le tramadol ne fonctionne pas comme la morphine ou l’oxycodone. Il a deux mécanismes d’action : un faible effet sur les récepteurs opioïdes, et surtout, une inhibition de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline. C’est ce second effet qui pose problème. En augmentant la quantité de ces neurotransmetteurs dans le cerveau, il déséquilibre le système nerveux, rendant les neurones plus excitables. Ce déséquilibre abaisse le seuil de convulsions - c’est-à-dire qu’il faut moins de stimulation pour déclencher une crise.
Des études montrent que même à une dose thérapeutique normale - par exemple 75 mg par jour - des personnes sans antécédents d’abus ont eu des crises. Ce n’est pas seulement une question de surdose. Un patient ayant pris 400 mg par jour, la dose maximale recommandée, a vu sa fréquence de crises doubler en moins de 24 heures. Et ce, sans prendre d’autres médicaments en même temps.
Les données cliniques ne mentent pas
Entre 2001 et 2006, en Nouvelle-Zélande, le tramadol a été le médicament le plus souvent impliqué dans les signalements de convulsions à l’agence de surveillance des effets indésirables. Sur 10 cas documentés, huit concernaient des femmes, deux des hommes, âgés de 15 à 49 ans. La moitié avaient reçu le médicament par voie intraveineuse, ce qui augmente encore le risque.
Une étude de trois ans portant sur 28 patients ayant eu des crises liées au tramadol a révélé que 89 % des crises sont survenues dans les 24 heures suivant la prise. Les électroencéphalogrammes (EEG) montraient des anomalies chez 43 % des patients au début, mais seulement 3,6 % une semaine plus tard. Cela signifie que les lésions cérébrales durables sont rares - mais les crises aiguës, elles, sont fréquentes et imprévisibles.
Les interactions médicamenteuses : un piège mortel
Le plus grand danger n’est pas toujours le tramadol lui-même, mais ce qu’il est pris avec. Trois patients ayant pris des antidépresseurs tricycliques (TCA) en même temps que le tramadol ont eu des crises. Deux d’entre eux n’avaient eu de problèmes qu’après une augmentation de dose. Un autre patient, sous un antidépresseur SSRI et un antipsychotique, a aussi connu une crise.
La combinaison avec l’alcool, les opioïdes comme la pethidine, ou même certains médicaments contre les nausées comme la cyclizine, augmente le risque de manière exponentielle. Les patients sous polythérapie - c’est-à-dire qui prennent cinq médicaments ou plus - ont 57 % de chances supplémentaires de subir une crise liée au tramadol.
Qui est le plus à risque ?
Les hommes de moins de 30 ans représentent la majorité des cas - 93 % des patients dans l’étude de 2013 étaient des hommes. Mais cela ne veut pas dire que les femmes sont à l’abri. 7 % des cas concernaient des femmes, et certaines n’avaient jamais eu de crise auparavant.
Les personnes atteintes d’insuffisance rénale sont particulièrement vulnérables. Le corps ne peut pas éliminer le tramadol correctement, ce qui fait que le médicament s’accumule. Un cas rapporté : un patient avec une insuffisance rénale a reçu 300 mg par voie intraveineuse - et a eu une crise. Ce n’était pas une surdose : c’était une dose adaptée… sauf que son rein ne fonctionnait pas.
Le tramadol est-il interdit pour les épileptiques ?
Oui. Et c’est une interdiction absolue. L’Université de Californie à San Francisco (UCSF) affirme clairement : « Le tramadol abaisse le seuil de convulsions et ne doit pas être utilisé chez les patients ayant des troubles épileptiques. » Cette recommandation est partagée par toutes les grandes autorités médicales, de l’ANSM en France à la FDA aux États-Unis.
Le tramadol a été reclassé en substance de catégorie IV en 2014 - non pas seulement à cause de son potentiel d’abus, mais aussi à cause de ses effets neurotoxiques, notamment les convulsions. Ce n’était pas une simple formalité. C’était une réponse à des années de signalements cliniques.
Que faire si vous avez déjà pris du tramadol ?
Si vous avez un antécédent d’épilepsie, même ancien, et que vous avez pris du tramadol récemment, surveillez-vous pendant 24 à 48 heures. Les crises surviennent souvent dans les premières heures. Si vous ressentez des fourmillements inhabituels, des sursauts musculaires, une confusion soudaine ou une perte de conscience, consultez immédiatement un médecin.
Si vous êtes déjà sous traitement pour l’épilepsie, ne changez jamais votre traitement sans parler à votre neurologue. Certains anticonvulsivants peuvent interagir avec le tramadol, rendant la situation encore plus instable.
Quelles alternatives existent ?
Si vous avez besoin d’un analgésique puissant et que vous avez des troubles épileptiques, d’autres options sont plus sûres. La morphine, par exemple, a un risque bien plus faible de provoquer des crises, surtout à faible dose. L’oxycodone ou le fentanyl, sous surveillance médicale stricte, peuvent aussi être envisagés. Pour la douleur modérée, le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène restent les premiers choix.
Les traitements non médicamenteux - physiothérapie, acupuncture, thérapies cognitives - peuvent aussi réduire la dépendance aux analgésiques opioïdes. Dans les centres de douleur spécialisés, on privilégie désormais une approche multidisciplinaire, loin des simples prescriptions de tramadol.
Le message clair : ne prenez pas de risques
Le tramadol n’est pas un médicament anodin. Il est commercialisé comme « moins addictif » que la morphine, mais ce n’est pas vrai pour tout le monde. Pour les personnes ayant des troubles épileptiques, il est une bombe à retardement. Même une seule prise peut déclencher une crise. Même à la dose recommandée. Même sans autre médicament.
Les médecins ne le savent pas toujours. Les patients non plus. C’est pourquoi il faut agir en amont : si vous avez eu une crise, même une seule fois, dites-le à chaque professionnel de santé avant de recevoir un nouveau traitement. Écrivez-le sur votre carte de santé. Mettez-le dans votre dossier médical numérique.
Il vaut mieux souffrir un peu plus qu’avoir une crise inattendue. Il vaut mieux chercher une alternative que de jouer à la roulette russe avec votre cerveau.
Le tramadol peut-il provoquer des crises même à faible dose ?
Oui. Des cas documentés montrent que des patients ont eu des crises à des doses thérapeutiques normales, comme 75 mg par jour. Le risque ne dépend pas uniquement de la quantité prise, mais aussi de la sensibilité individuelle, des interactions médicamenteuses et de l’état neurologique. Même une seule prise peut suffire.
Les personnes ayant eu une crise il y a 10 ans sont-elles encore à risque ?
Oui. Même si vous n’avez pas eu de crise depuis longtemps, votre cerveau conserve une vulnérabilité. Le tramadol agit sur les mêmes voies neurochimiques que celles impliquées dans l’épilepsie. Aucun neurologue ne prescrira ce médicament à quelqu’un ayant eu une crise à n’importe quel moment de sa vie.
Puis-je prendre du tramadol si je suis sous antidépresseur ?
Non. Les antidépresseurs tricycliques (TCA), les ISRS et les antipsychotiques augmentent considérablement le risque de convulsions avec le tramadol. Cette combinaison est considérée comme dangereuse et est formellement déconseillée. Si vous prenez l’un de ces médicaments, demandez à votre médecin une alternative.
Le tramadol est-il interdit pour les enfants ?
Oui. Il est contre-indiqué chez les enfants de moins de 12 ans, et même chez les adolescents de 12 à 18 ans ayant des troubles respiratoires ou une obésité sévère. Le risque de convulsions est particulièrement élevé chez les jeunes cerveaux en développement.
Quels sont les signes avant-coureurs d’une crise liée au tramadol ?
Des sursauts musculaires involontaires (myoclonies), des étourdissements soudains, une vision floue, une confusion ou une sensation de « déconnexion » peuvent précéder une crise. Si vous ressentez l’un de ces symptômes après avoir pris du tramadol, arrêtez le médicament et consultez immédiatement un professionnel.
Louis Stephenson
janvier 19, 2026 AT 01:31Je suis neurologue en région parisienne, et je vois encore trop de patients qui se font prescrire du tramadol sans qu’on leur demande s’ils ont déjà eu une crise. C’est scandaleux. Même une crise à 18 ans, ça compte. Le cerveau n’oublie pas. Faut arrêter de traiter la douleur comme un problème de pharmacie et pas comme un problème de neurologie.
Tracy Howard
janvier 19, 2026 AT 16:44Oh mon Dieu, encore un article qui fait peur avec des mots compliqués pour que les gens croient qu’ils sont intelligents. Le tramadol ? T’as vu les prix de la morphine en France ? C’est une blague. On veut des médicaments bon marché, pas des gourous qui nous font la morale. J’ai pris du tramadol 3 ans, pas de crise, et j’ai plus de douleurs que toi dans les genoux.
christophe gayraud
janvier 20, 2026 AT 00:43Et si c’était juste une histoire de Big Pharma pour vendre plus d’anticonvulsivants ? Tu sais combien de gens sont devenus dépendants à la gabapentine après qu’on ait interdit le tramadol ? Personne parle de ça. Les médias veulent des histoires de danger, pas de vérités complexes. Les convulsions ? Peut-être que c’est juste le stress, la fatigue, ou ton café du matin.
Andre Esin
janvier 21, 2026 AT 15:08Je suis pharmacien et je refuse systématiquement de délivrer du tramadol si le patient a un antécédent d’épilepsie, même ancien. Je leur donne une fiche explicative et je les redirige vers leur neurologue. C’est pas compliqué. La loi le dit, les études le disent, et pourtant… on continue à le prescrire. C’est de la négligence, pas de la médecine.
jean-baptiste Latour
janvier 22, 2026 AT 18:28ALORS OUI LE TRAMADOL C’EST UNE BOMBE 🧨🔥 J’AI VU UN POTE FAIRE UNE CRISE EN 15 MIN APRES UNE COMPRIMÉ. IL CROYAIT QUE C’ÉTAIT COMME DU PARACÉTAMOL. ON EST EN 2025 ET ON ENCORE DES GENS QUI PENSSENT QUE LES MÉDICAMENTS C’EST COMME LES CANDIES. 🤦♂️💊
Xavier Lasso
janvier 24, 2026 AT 03:42Je suis diabétique avec une neuropathie et j’ai eu une crise en 2021 après un traitement de 10 jours. J’étais au courant de mon histoire d’épilepsie à l’adolescence, mais j’ai pensé « ça va, c’était il y a 15 ans ». Non. Ça ne va pas. J’ai changé de médecin après ça. Le tramadol, c’est comme jouer à la roulette russe avec un cerveau qui a déjà été touché. Évite. Point.
Tim Dela Ruelle
janvier 25, 2026 AT 04:15Vous oubliez que le tramadol est un pro-drogue. Il est converti en météphédrine dans le foie. Donc si vous avez un polymorphisme CYP2D6 lent, vous avez une accumulation toxique. Et si vous avez un foie endommagé ? Ou une insuffisance rénale ? C’est pas une question de « risque », c’est une question de chimie basique. Vous êtes des amateurs si vous pensez que la médecine est une affaire de « je sens que c’est dangereux ».
Fleur D'Sylva
janvier 25, 2026 AT 21:29Je me demande si la peur de la douleur nous pousse à accepter des risques que nous ne prendrions jamais pour autre chose. Une crise, c’est un moment où tu perds ton corps. Tu ne contrôles plus rien. Et pourtant, on accepte ça pour une douleur qui, souvent, pourrait être gérée autrement. Est-ce que c’est la douleur qu’on veut éliminer… ou juste la peur de la douleur ?