Signaler des médicaments contrefaits : comment alerter les autorités

Signaler des médicaments contrefaits : comment alerter les autorités
vicky herrera déc., 29 2025

Les médicaments contrefaits tuent - et vous pouvez les arrêter

Imaginez que vous ou un proche prenez un médicament pour la pression artérielle, le diabète ou la douleur chronique. Vous croyez que c’est la bonne pilule. Mais ce n’est pas le cas. Il pourrait ne contenir aucun ingrédient actif. Ou pire : des produits chimiques toxiques. C’est ce que les experts appellent des médicaments contrefaits. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 10 % des médicaments vendus en ligne sont des contrefaçons. En 2022, plus de 4,3 millions de produits pharmaceutiques falsifiés ont été saisis dans le monde - dont des centaines de milliers en Amérique du Nord. Ce n’est pas un problème lointain. C’est un danger immédiat. Et la seule façon d’arrêter cette chaîne, c’est de signaler ce que vous voyez.

Que sont exactement les médicaments contrefaits ?

Un médicament contrefait n’est pas simplement un produit de mauvaise qualité. C’est une fraude criminelle. Il peut être :

  • Contenant une dose incorrecte d’ingrédient actif (trop peu, ou trop)
  • Contenant des substances dangereuses comme du talc, du sucre, ou même du fentanyl
  • Emballé dans un conditionnement qui imite parfaitement la marque originale
  • Étiqueté avec des informations fausses, des erreurs d’orthographe, ou un numéro de lot manquant

Les contrefaçons sont souvent vendues sur des sites web illégaux, via des réseaux sociaux, ou même dans des pharmacies locales qui ne vérifient pas leurs fournisseurs. Elles ciblent particulièrement les traitements populaires : antidouleurs opioïdes, médicaments pour la dysfonction érectile, pilules amaigrissantes, et insuline. La plupart des cas signalés en 2023 provenaient de ces catégories.

Que faire si vous pensez avoir un médicament contrefait ?

Ne jetez pas le médicament. Ne le donnez à personne. Ne le jetez pas dans les toilettes non plus. Voici ce qu’il faut faire immédiatement :

  1. Conservez le produit et son emballage - intact. C’est la preuve la plus précieuse pour les enquêteurs. Même une étiquette déchirée ou un numéro de lot flou peut faire la différence.
  2. Prenez des photos : l’emballage entier, la pilule, les inscriptions, les différences visuelles par rapport à ce que vous avez déjà pris.
  3. Consultez votre médecin ou pharmacien si vous avez eu des effets secondaires inhabituels : nausées sévères, étourdissements, réactions allergiques. Ils peuvent vous aider à confirmer si le médicament est suspect.
  4. Signalez-le à la bonne autorité - et pas à n’importe laquelle.
Un pharmacien scanne un code QR qui révèle qu'un médicament est contrefait, avec un sceau 'FAUX' qui se brise.

Comment signaler : les bonnes voies selon votre situation

Il n’y a pas une seule façon de signaler. Cela dépend de ce que vous avez, où vous êtes, et si vous êtes un patient ou un professionnel de santé.

Si vous êtes un patient ou un consommateur (la plupart d’entre vous)

Le système le plus simple et le plus efficace au Canada et aux États-Unis est MedWatch, géré par la FDA. Même si vous êtes au Canada, vous pouvez utiliser ce système si le médicament vient des États-Unis - ce qui est fréquent.

Vous pouvez remplir le formulaire en ligne : www.fda.gov/medwatch. Le formulaire demande :

  • Le nom exact du médicament (marque et générique)
  • La dose (ex. : 10 mg)
  • Le numéro de lot (trouvé sur l’emballage)
  • Le NDC (numéro de code national du médicament - sur l’étiquette)
  • Le lieu d’achat (site web, pharmacie, etc.)
  • Les effets observés (même légers)

Les rapports électroniques reçoivent une confirmation dans les 72 heures. Les rapports papier prennent jusqu’à 14 jours. Si vous n’avez pas d’accès à Internet, appelez le 1-800-FDA-1088 (24/7).

Si vous pensez qu’il s’agit d’une opération criminelle organisée

Si vous avez vu un site web qui vend des médicaments sans ordonnance, ou si vous avez été approché par quelqu’un qui vend des pilules dans un stationnement, vous devez contacter l’Office of Criminal Investigations (OCI) de la FDA. C’est la branche chargée des enquêtes pénales.

Le portail est ici : www.fda.gov/oci. Vous devrez fournir :

  • Les dates et lieux exacts de la transaction
  • Les noms ou descriptions des personnes impliquées
  • Des preuves photographiques ou des captures d’écran
  • Si possible, le numéro de lot et l’emballage

L’OCI traite les rapports urgents en moins de 48 heures. En 2022, ils ont mené plus de 1 800 enquêtes sur des médicaments contrefaits, ce qui a conduit à 187 condamnations criminelles.

Si vous êtes un pharmacien ou un professionnel de santé

Vous avez accès à des canaux plus directs. Les grands fabricants comme Pfizer, Roche ou Merck ont des lignes dédiées à la sécurité des produits. Par exemple, Roche demande à ses partenaires de contacter leur département d’assurance qualité par l’intermédiaire de leur site local. Pfizer répond en moins de 4 heures. Ces rapports permettent de bloquer des lots entiers avant qu’ils n’atteignent les patients.

Les erreurs à ne jamais commettre

Beaucoup de gens veulent signaler, mais font des erreurs qui ralentissent ou bloquent l’enquête.

  • Ne pas conserver l’emballage : 89 % des rapports avec photos sont traités plus vite. Sans preuve physique, les autorités ne peuvent pas tracer la source.
  • Signaler à la mauvaise agence : Envoyer un rapport sur un médicament contrefait à la police locale ou à l’Agence de la santé publique du Canada sans le transmettre à la FDA ou à l’OCI, c’est comme appeler les pompiers pour un vol - ils ne peuvent pas agir.
  • Attendre trop longtemps : Plus vous attendez, plus le produit est probablement déjà distribué. Les enquêtes sont plus efficaces dans les 72 heures suivant la découverte.
  • Ne pas décrire les effets : Même un léger mal de tête ou une nausée peut être un signe d’ingrédient toxique. Notez tout.

Comment reconnaître un médicament contrefait ?

Voici les signes les plus courants, basés sur les données de la FDA et de l’Organisation mondiale de la santé :

  • Orthographe incorrecte : "Lipitor" écrit "Lipitor" avec un "i" manquant, ou "Metformin" avec un "e" au lieu d’un "a".
  • Numéro de lot manquant : Présent dans 63 % des contrefaçons.
  • Couleur, forme ou odeur inhabituelle : Une pilule qui devrait être bleue est blanche. Une poudre qui sent le plastique.
  • Emballage de mauvaise qualité : Collants mal alignés, encres qui s’effacent, texte flou.
  • Site web suspect : Pas de numéro de téléphone, pas d’adresse physique, pas de pharmacien disponible en ligne.

La plupart des contrefaçons ont au moins trois de ces signes. Si vous voyez un seul, vérifiez. Si vous en voyez deux, signalez.

Un entrepôt sombre rempli de pilules contrefaites, une seule boîte émet une lumière bleue provenant d'un code QR.

Les nouvelles technologies qui aident à lutter contre la contrefaçon

Les autorités ne luttent pas à mains nues. Depuis 2023, la FDA teste un système de QR code sur les emballages. En scannant le code avec votre téléphone, vous pouvez vérifier l’authenticité du médicament en quelques secondes. Plus de 20 fabricants, dont Pfizer et Merck, y participent déjà.

En 2024, la blockchain devrait être intégrée à la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique aux États-Unis. Chaque pilule sera traçable de l’usine au patient. Cela rendra la contrefaçon beaucoup plus difficile.

Et en 2025, l’OMS lancera une application mobile pour signaler les contrefaçons directement depuis son téléphone - avec traduction automatique en 27 langues.

Vous n’êtes pas seul - et votre action compte

En 2022, un pharmacien à Montréal a signalé un lot d’insuline contrefaite. Grâce au numéro de lot qu’il avait conservé, la FDA a pu tracer la chaîne jusqu’à un laboratoire illégal en Asie. Plus de 12 000 flacons ont été arrêtés avant d’atteindre des patients.

Chaque signalement compte. Même si vous pensez que « ce n’est qu’une pilule », vous êtes la première ligne de défense. Les réseaux criminels prospèrent parce que les gens regardent ailleurs. Votre signalement peut sauver une vie - la vôtre, celle d’un parent, d’un ami, d’un inconnu.

Foire aux questions

Puis-je signaler un médicament contrefait même si je ne suis pas au Canada ou aux États-Unis ?

Oui. Si le médicament provient d’un fabricant américain ou est entré sur le territoire nord-américain, vous pouvez utiliser le système MedWatch de la FDA. Pour les autres pays, consultez le site de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour trouver le point de contact national. L’Institut de sécurité pharmaceutique (PSI) accepte aussi les signalements internationaux par email à [email protected].

Qu’est-ce qui se passe après que j’ai signalé un médicament ?

Vous recevrez un accusé de réception par email ou par courrier. Si votre signalement contient suffisamment d’informations (notamment le numéro de lot et des photos), il sera transmis à une équipe d’enquête. Vous ne serez pas tenu au courant de chaque étape - les enquêtes sont confidentielles - mais si une action importante est prise (saisie, arrestation), vous pouvez être informé si vous l’avez demandé.

Dois-je appeler la police si je vois quelqu’un vendre des pilules sur Internet ?

Non. La police locale ne traite pas les contrefaçons pharmaceutiques. Contactez directement l’Office of Criminal Investigations de la FDA (www.fda.gov/oci) ou le centre de signalement de l’OMS. La police ne peut pas accéder aux données pharmaceutiques nécessaires pour une enquête. Votre signalement via les canaux officiels est plus rapide et plus efficace.

Est-ce que les médicaments contrefaits sont courants au Canada ?

Au Canada, les médicaments achetés en pharmacie physique sont très sûrs - la réglementation est stricte. Mais les médicaments achetés en ligne, surtout depuis l’augmentation des ventes pendant la pandémie, représentent un risque croissant. En 2023, plus de 85 % des cas signalés au Canada provenaient de sites web étrangers. La plupart des médicaments contrefaits trouvés au Canada sont des opioïdes, des pilules pour la pression artérielle ou des traitements pour la dysfonction érectile.

Puis-je signaler un médicament contrefait sans donner mon nom ?

Oui. Vous pouvez signaler de manière anonyme via MedWatch ou l’OCI. Cependant, les rapports avec des coordonnées sont plus efficaces. Si les enquêteurs ont besoin de plus d’informations ou de preuves supplémentaires, ils ne peuvent pas vous contacter. Donner votre nom n’implique pas que vous serez impliqué dans une enquête - c’est juste pour faciliter la vérification.

14 Commentaires

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    vincent PLUTA

    décembre 31, 2025 AT 01:58
    J’ai eu un doute sur une pilule de metformine que j’ai achetée en ligne. J’ai vérifié le numéro de lot et j’ai vu que l’impression était floue. J’ai appelé le 1-800-FDA-1088 et j’ai reçu un retour en 48h. C’est dingue comme c’est simple. Faites-le. C’est pas juste pour vous, c’est pour tout le monde.

    Je ne savais même pas qu’on pouvait signaler depuis la France. Merci pour ce guide.
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    Clio Goudig

    janvier 1, 2026 AT 23:37
    Encore un article qui fait peur pour qu’on clique. Et si on arrêtait de croire tout ce que dit la FDA ? Les laboratoires sont des monstres. Ils veulent juste contrôler ce qu’on prend. Qui a dit que les pilules originales étaient sûres ? J’ai connu des gens qui ont eu des réactions aux vrais médicaments.
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    Dominique Hodgson

    janvier 2, 2026 AT 21:36
    La FDA c’est de la merde. Ils veulent qu’on leur donne nos données pour nous espionner. Et puis pourquoi ils font pas leurs propres contrôles au lieu de nous demander de tout leur envoyer ? Je préfère acheter sur Telegram. Au moins je vois qui vend. Les vrais médicaments c’est ce qu’on trouve dans les pharmacies d’Afrique de l’Est. C’est là que ça se passe.
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    Yseult Vrabel

    janvier 4, 2026 AT 09:36
    ECOUTEZ MOI. C’EST PAS UN CHOIX. C’EST UNE OBLIGATION. Si vous voyez une pilule bizarre, vous avez deux options : soit vous faites comme si de rien n’était, soit vous sauvez une vie. Et je vous jure que quand vous verrez un papy qui ne peut plus marcher parce qu’il a pris de l’insuline de merde, vous allez regretter de n’avoir rien dit. Je l’ai vu. Je l’ai vécu. Faites-le. Maintenant. Pas demain. MAINTENANT.
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    Bram VAN DEURZEN

    janvier 6, 2026 AT 05:50
    Il convient de noter que le système MedWatch, bien qu’efficace, présente des lacunes structurelles en matière de traçabilité transfrontalière. La jurisprudence européenne, notamment en vertu du règlement (UE) n°2016/161, impose des obligations de vérification de l’authenticité qui ne sont pas toujours harmonisées avec les protocoles nord-américains. Une clarification réglementaire s’impose.
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    Eveline Hemmerechts

    janvier 8, 2026 AT 00:33
    Je trouve ça triste que les gens aient peur de leur propre médicament. On a perdu la confiance. On croit plus aux sites web qu’aux pharmaciens. Et pourtant, on a tout pour être en sécurité. On a juste oublié de parler. De demander. De vérifier. Et maintenant, on attend que quelqu’un d’autre agisse.
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    Elaine Vea Mea Duldulao

    janvier 8, 2026 AT 18:34
    Tu n’es pas seul si tu as eu un doute. J’ai eu la même chose avec un traitement pour l’hypertension. J’ai pris une photo, j’ai appelé mon pharmacien, et on a fait un signalement ensemble. C’était juste une erreur d’impression, mais au moins, on a vérifié. C’est ça qui compte : ne pas hésiter. Tu es courageux d’avoir lu ce post. Continue comme ça.
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    Alexandra Marie

    janvier 8, 2026 AT 22:06
    Ah oui, bien sûr. La FDA. La vraie solution à tous nos problèmes. 😏 Tu sais quoi ? J’ai acheté des pilules sur un site qui ressemblait à une pharmacie. J’ai eu un mal de tête pendant deux jours. J’ai signalement. Rien. Zéro retour. J’ai envoyé une photo. Rien. J’ai appelé. On m’a dit "merci pour votre rapport". Et puis silence. Donc non. Je ne vais pas risquer ma santé pour un système qui ne répond pas.
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    Myriam Muñoz Marfil

    janvier 9, 2026 AT 13:01
    J’ADORE QUAND LES GENS DISENT "C’EST PAS UN PROBLÈME LOINTAIN". Tu veux un vrai problème lointain ? Essaie de trouver un pharmacien qui te parle en français à Montréal. Ou qui te donne le numéro de lot sans te regarder comme si tu étais folle. Je suis une femme de 62 ans. J’ai pris des pilules pendant 30 ans. J’ai appris à vérifier. Et je vous dis : si vous ne voyez pas la différence entre un emballage original et un faux, vous êtes déjà en danger. Allez-y. Signalez. Même si vous êtes fatigué. Même si vous avez peur. Même si vous pensez que ça ne servira à rien. Ça servira.
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    Brittany Pierre

    janvier 11, 2026 AT 00:04
    Le QR code c’est la révolution. J’ai scanné une pilule hier. L’appli m’a dit : "Authenticité vérifiée". J’ai pleuré. Vraiment. Parce que j’avais peur. Depuis la pandémie, j’ai peur de tout. Et là, j’ai eu un moment de paix. C’est pas juste de la tech. C’est de la sécurité humaine. Merci à ceux qui ont développé ça. On a besoin de plus de ça. Pas de plus de lois. De plus de confiance.
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    Valentin PEROUZE

    janvier 11, 2026 AT 02:17
    Et si c’était un piège de l’OMS pour nous faire entrer dans un système de traçabilité globale ? La blockchain, les QR codes… C’est juste le début. Demain, ils vont implanter des puces dans les pilules. Et on croira qu’on est protégés. Mais en réalité, on va être surveillés. Tous. Chaque prise. Chaque médicament. Chaque corps. Et personne ne le dira. Parce que tout le monde est trop occupé à signaler des contrefaçons pour voir le vrai danger.
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    Joanna Magloire

    janvier 12, 2026 AT 22:41
    J’ai vu un emballage bizarre sur un site. J’ai pas signalement. J’ai juste jeté. J’aurais dû faire autrement. J’espère que personne n’a pris ça. 🙏
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    Raphael paris

    janvier 14, 2026 AT 18:38
    C’est quoi ce délire. On se fait avoir par des pilules. Et on va appeler la police ? Non. On va arrêter d’acheter en ligne. Point. Fin. C’est pas compliqué.
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    Emily Elise

    janvier 15, 2026 AT 03:02
    J’ai signalé un lot de Viagra contrefait après avoir vu que les pilules étaient jaunes au lieu de bleues. J’ai reçu un email de la FDA une semaine après. Ils m’ont demandé si je voulais être témoin. J’ai dit oui. J’ai été contacté pour un procès. Je ne savais même pas que c’était possible. C’était fou. Mais j’ai fait la bonne chose. Et je le referais. Même si j’ai eu peur.

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